C’est dingue comme on oublie vite. Enfin… On n’oublie pas, bien sûr, je dis ça pour faire la fière. On n’oublie pas mais disons qu’on envisage sérieusement de se lever le lendemain, une chanson entraînante dans les écouteurs pour décrocher un sourire aux gens dans le métro. On n’oublie pas mais au bout de quelques jours, on se met au lit en se disant qu’on va peut-être, enfin, dormir un peu.

On pense au lendemain.

Ces derniers jours ça paraissait aussi absurde qu’impossible. Les accès de larmes au fond du bureau sans fenêtres. Les accès d’angoisse à chaque fois qu’on entend les sirènes. La petite hésitation au moment de préparer la prochaine soirée…

On sait pas bien quand ça passera. Si ça passera. La peur qu’on ressent quand on est là dans la rue à attendre un taxi, en se disant que la prochaine voiture sera peut-être celle d’un mec qui va baisser ses vitres et tous nous tirer dessus. Le désespoir qui tord le ventre quand on voit les immeubles des copains aux infos avec le nombre de morts écrit devant. Et qu’on se dit Putain dites-moi qu’ils étaient pas à Paris ce week-end… A plus pouvoir taper leur numéro avec nos petits doigts qui tremblent et nos petits coeurs aussi.

Mais j’ai marché dans Paris lundi soir. Elle était toujours aussi belle ; et les gens étaient là pour la faire briller.

On va s’y remettre très vite. On va retrouver la joie… Quand Paris vibre et rayonne et que ça nous donne juste envie de rayonner avec elle jusqu’au petit matin… Descendre bien trop vite des cocktails bien trop chers… Danser à s’en faire mal aux pieds, rire avec des inconnus au gré des bars de Bastille, où on oublie l’hiver en se tenant bien chaud… Rentrer mais rarement seule pour se sentir toujours un peu plus en vie.

On va retrouver la joie, on va la retrouver vite !

Pour l’insouciance… ça va peut-être prendre un petit peu plus longtemps.

 

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Une réflexion sur “

  1. On s’est tous autant battus pour se faire reconnaître sur les réseaux sociaux. C’est moi le plus.
    Et un jour ça crève l’écran et le cœur, ça nous arrive aux pieds, là, ça roule sous nos doigts, là bas.
    On sait pas vraiment quoi faire mais on sait ce que l’on est, ça nous rappelle quel gibier en proie aux sentiments crasses habillés d’une main gantée avec la puissance d’un revêtement chemisé, plomb, acier.
    Turn your silver into bullets.
    A l’international hors de moi, des frontières et des barbelés, on en a vu à la télé tellement désintéressés qu’on en paye plus la redevance. Je veux choisir mon monde, là où je veux habiter et dans celui-ci y’aura pas les réalités à eux, les miennes ça danse et ça rit, ça snobe et ça s’ennuie.

    Alors on traîne les pattes dans la tiédeur d’un 13 novembre, le climat est déréglé mais pour cette fois, ça nous va. A mille lieues d’imaginer que d’autres dévouent leur temps à un thé dans la prière, des idéaux radicaux, mignons quand ils s’occupent aux belles paroles prophétiques, ça nous va.
    Et l’un dans l’autre rien ne va plus, quand ils se rencontrent ils parlent d’un dialogue de muets, à faire entendre les batteries de canons parce qu’ils font du bon son. Danser, danser et tuer les maladroits, les petits détails twittés en thérapie de groupe, chacun de son coté, dos à dos, bien serrés, lancés et incontrôlables, intellectuels, pleins d’humour et d’amour.

    Y’a des endroits auxquels on pourrait mieux s’identifier, on pourrait dire nos idéaux : c’est ça.
    S’enivrer, la chaleur et la tête dans le bitume ou dans les planches.
    Qui voulait jouer à la propreté d’une vie sans aucun reproche.
    C’est moche et ça tâche.
    Les petits cafetiers accrochés à leurs comptoir n’ont pas perdu le sens de la réalité, du tiroir caisse au porte-monnaie.
    Venez prier vous aussi un Paris libre, naïf, ignorant mais n’oubliez pas la politique de la maison :
    Elle est la même ici qu’ailleurs.

    Adieu insouciance, j’irai te racheter aux prix de mes amis.

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